Concours écriture

Tijdens mijn fototentoonstelling, met als thema ‘Façades’, gedurende de maand mei 2017  in de Médiagora van Saint Julien-de-Civry is er een verhalenwedstrijd gehouden over bovenstaande foto. De opdracht was om in ongeveer 500 woorden een verhaal te schrijven over wat er gebeurd zou kunnen zijn achter deze deur. Graag maak ik u deelgenoot van twee van de ingezonden prachtige verhalen. Omdat de Franse taal zo mooi is, laat ik het hier zien in de originele Franse versie. Als laatste laat ik een bijdrage zien van CP schoolklas van Lugny-lès-Charolles.

Monsieur le photographe, je vous écris mais je ne souhaite pas participer au concours que vous organisez en même temps que votre exposition de photos. D’abord, je suis trop vieux; ensuite cinq cents mots c’est beaucoup pour moi. Je ne suis pas très instruit. Et enfin je n’ai jamais participé à un concours, je ne saurai pas faire.
Je connais très bien la maison bleue, c’est ma maison. C’est celle où j’ai habité toute ma vie, jusqu’à ce qu’on m’emmène à l’hospice où je suis aujourd’hui. Je suis content que vous l’ayez remarquée et photographiée. Elle est toujours aussi belle.
Elle parait petite, mais vous n’avez pas photographié l’étage qui a le même volet bleu, et quand on ne la connait pas, on ne se doute pas qu’elle possède un jardin à l’arrière avec des dépendances.
C’est dans cette maison que j’ai vécu avec ma femme Louise. Nous étions jeunes mariés. Je ne craignais pas ma peine, j’étais journalier. Louise s’occupait de la maison et l’avait arrangée de belle façon. Louise savait tout faire cuisiner, jardiner, coudre, tricoter, chanter. Et c’est avec hâte que je rentrais chaque soir pour la retrouver.
Je me souviens bien du jour où j’ai acheté le pot de peinture bleue et de la surprise des gens de la rue quand ils m’ont vu peindre en bleu, la porte et les deux volets. Le bleu, monsieur, c’etais le couleur des yeux de Louise et je voulais que toute la rue partage ma fierté et mon bonheur.
Et puis, au printemps, aux premières violettes, une petite fille nous est née. Elle avait les yeux de sa mère, de beaux yeux bleus, comme les myosotis qui poussaient en bordure du jardin. Nous lui avons choisi un prénom à la mesure de notre bonheur, nous l’avons appelée Reine. A ses premières dents, Reine a goûté aux cerises. A ses premiers pas, nous lui avons acheté ses premières chaussures. Puis il y eut les premiers mots, les premiers baisers. Au deuxième hiver, la maladie l’a emportée en quelques jours, en même temps que d’autres enfants de la rue.
Alors les yeux de Louise se sont éteints, le volet restait fermé toute la journée. Elle n’ouvrait plus la porte pour laisser entrer le soleil. Dans la pénombre, elle s’est laisser mourir doucement, juste éclairée par le rai de lumière qui entrait par la petite ouverture du volet clos. Je n’ai rien pu faire pour la garder avec moi.
Je suis resté seul. Encore jeune et seul. D’autres seraient partis. Non, je suis resté dans cette maison toutes ces années pour le bleu de leurs yeux et pour les myosotis. J’ai repeint plusieurs fois la porte et les volets. Toujours en bleu. Pour ne rien oublier et vivre encore avec elles, à ma façon.
Je vous remercie pour cette photo. J’espère que l’exposition restera longtemps dans le couloir de l’hospice. Tous les jours, je la regarde et je suis encore dans ma maison.
Si j’avais participé au concours, deux mots m’auraient suffi pour dire la simplicité, la lumière et le bonheur qui habitaient cette maison. Deux mots : Louise et Reine. Mais il n’y a que moi pour le savoir et en vivre encore.
P.S.- Ce n’est pas de la curiosité, mais j’aimerais bien savoir ce que les participants à votre concours, diront de ma maison.
AM.L.


Une histoire gourmande …

« Tu crois qu’elle va revenir ? » demanda Antonin à Jules. « J’aimerais bien ! C’étais si bon ! » Nos deux octogénaires avaient une mine de petits garçons privés de récréation. De qui parlaient-ils ? …
Lili-Rose s’était installée à St Julien, il y a environ 5 ans … Un petit bout de femme de 25 ans, parachutée ici par hasard à la suite d’une histoire pénible dont elle gardait le mystère. Elle voulait reprendre sa vie en main, et avait trouvé cette petite location au Bourg. Nos deux compères, méfiants au départ, ont vite sympathisé avec Lili-Rose et devinrent complices. Ils lui racontaient la vie d’autrefois et elle, patiente, les écoutait, posât des questions. Un jour, alors que la porte de Lili-Rose était ouverte, Antonin l’entendit pleurer. Tout penaud, il osa entrer pour la consoler : elle ne pouvait plus payer la location, elle ne savait rien faire, elle allait devoir partir … « Le monde ne s’écroule pas comme ça Lili ! Nous allons trouver une solution » lui dit-elle avec douceur et sagesse.
Facile à dire ! Quelle solution allait-il trouver ? Antonin alla chez son ami de toujours, Jules, mais Jules, sous le coup de la nouvelle, n’eut aucune idée. C’est dans la nuit, alors qu’il ne dormait pas, que Jules pensa à sa maman. Elle faisait de si bons gâteaux et aussi de délicieux caramels ! … « Bon sang ! La voilà l’idée ! » Le voici monté au grenier à fouiller dans les souvenirs … Où donc se trouve le carnet de recette de Maman ? Il remua tous les combles à la lampe électrique, au milieu des toiles d’araignées. Ce n’est qu’au petit matin qu’il distingua une boite en métal, coincée entre deux piles de journaux. Fébrile, il ouvrit et revit toute son enfance : les madeleines, le gâteau au chocolat, la brioche, ah ! la brioche ! Les îles flottantes et les caramels.
Sans perdre une seconde il arriva tout excité chez Antonin qui dormait encore. « Lève-toi, j’ai quelque chose à proposer » Lili-Rose ferait des gâteaux qu’elle vendrait au village et au marché des villes voisines. Les voilà devant la porte de Lili-Rose qui se demanda pourquoi ses amis venaient la voir de si bon matin. Ils entrèrent et lui expliquèrent leur projet : « Nous allons t’aider. J’ai vu faire ma maman. » Antonin avait gardé les beaux moules en cuivre d’autrefois. Jules proposait les recettes. « Je ne sais pas si je vais être à la hauteur »
« Pour cela il faut essayer » répondirent-ils en cœur.
En quelques jours, la maison de Lili-Rose s’improvisa en pâtisserie. Le débuts furent difficiles. Antonin et Jules goutaient, conseillaient, encourageaient. Lili-Rose commença par le gâteau au chocolat. Puis elle prit l’assurance et sa maison se remplit de brioches appétissantes, de gâteaux bien dorés, de tarte aux fruits de saison, et de caramels. Dès que la porte de sa maison s’ouvrait, de délicieux parfums de vanille, chocolat, amandes, caramel, framboises et autres fruits emplissaient la petite place du bourg. Bientôt tout le village se pressa pour acheter ses gâteaux et sa cuisine devint trop petite. Un jour, elle décida de partir à la ville en quête d’une pâtisserie. Jules et Antonin étaient inquiets …
Au bout d’un mois, ils reçurent une carte de Lili-Rose. « J’ai ouvert une pâtisserie à Charolles. Mais je garde la maison à St Julien pour y venir tous les week-end.» Antonin et Jules pleuraient de joie. Elle ne les avait pas abandonnés. Tous les week-end, ils guettaient sa venue et leur visage s’illuminait quand la porte et la fenêtre bleue s’ouvraient.
M.S.

Derrière cette porte…

Derrière cette porte, il y a des toiles d’araignée.
Derrière les toiles d’araignée, il y a une araignée géante.
Derrière l’araignée géante, il y a une petite araignée.
Derrière la petite araignée, il y a le plafond.
Derrière le plafond, il y a le toit.
Derrière le toit, il y a une cheminée.
Derrière la cheminée, il y a des nuages.
Derrière les nuages, il y a le ciel.
Derrière le ciel, il y a une route de l’espace.
Derrière la route de l’espace, il y a des panneaux de l’espace.
Derrière les panneaux de l’espace, il y a de l’herbe de l’espace.
Derrière l’herbe de l’espace, il y a la lune.
Derrière la lune, il y a le soleil.
Derrière le soleil, il y a une fusée.
Derrière la fusée, il y a une planète.

Et dans cette planète, il y a …
une porte, des toiles d’araignée, une araignée géante, une petite araignée,
un plafond, un toit, une cheminée, des nuages, un ciel, une route de l’espace,
des panneaux de l’espace, de l’herbe de l’espace, la lune, le soleil, une fusée…

Oui, mais dans cette planète, qu’est-ce qu’il n’y a pas ?

NOUS !

Nous, on est resté devant la porte !

La classe de Grande Section / CP de l’école de Lugny-lès-Charolles

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UN GOUTIER-LECTURES
sur le thème: “Que s’est-il passé derrière cette porte?
Médiagora samedi 21 octobre 2017

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